• L’illusion de l'indépendance par Derek Prince

    L’illusion de l'indépendance

    Derek Prince  

    Cher ami,

    Assurément, être comme Dieu semble un idéal élevé et louable à atteindre. Qui trouverait quelque mal à cela? Cependant, ces paroles suggérées par Satan – manifesté sous la forme d’un serpent – entraînèrent Adam et Eve vers un désastre dont les conséquences maléfiques ont affecté toute leur descendance. 

    Dans quel piège insoupçonné Adam et Eve tombèrent-ils? Celui de la promesse d’indépendance, bien qu’il ne soit pas énoncé dans le texte biblique, cela est pourtant implicite. En effet, une fois que l’on connaît le bien et le mal, on est libre de prendre ses décisions personnelles. On ne dépend plus de Dieu.

    Ce désir d’affirmer son indépendance a été transmis par héritage à l’ensemble de la race humaine, qui est la descendance d’Adam et Eve. C’est la marque caractéristique du «vieil Adam», de la nature pécheresse tapie en chaque être humain.

     

    Les différents chemins de l'indépendance

    Du point de vue historique, l’humanité a emprunté des chemins très variés dans sa quête d’indépendance par rapport à Dieu.

    Le premier est la. Deux arbres particuliers étaient plantés en Eden: l’arbre de vie et l’arbre de la. Lorsque Adam et Eve s’éloignèrent de l’arbre de vie et choisirent celui de la connaissance, ce fut un moment décisif de l’histoire de l’humanité.

    Dès lors, la poursuite de la connaissance fut le but principal de l’être humain. C’est ce qu’exprime l’effort toujours porté davantage vers la recherche scientifique au cours de ces deux ou trois derniers siècles. Incidemment, le mot «science» dérive du latin «scienta» qui signifie «savoir».

    Cette explosion de science n’a cependant pas résolu les problèmes les plus communs de l’humanité: l’injustice, la cruauté, la guerre, la pauvreté, la maladie. Et de bien des manières, elle les a plutôt accrus. La science a perfectionné des armes de destruction massive qui pourraient anéantir la race humaine tout entière et faire de la terre une étendue désertique. Et qui plus est, ces armes sont, pour certaines, aux mains d’hommes cruels et mauvais qui n’hésiteraient pas à les employer sans se soucier de la moralité ou de la pitié.

     

    Le second chemin emprunté par l’humanité afin de parvenir à cette indépendance ne manquera pas de nous surprendre: c’est celui de la religion.

    L’homme a établi des règles religieuses et des systèmes multiples, des formes de cultes si variées et nombreuses, si complètes et se suffisant si bien à elles-mêmes, qu’il n’est, à vrai dire, nul besoin de Dieu. Il suffit simplement aux hommes de suivre leurs propres règles.

    Cela se vérifie pour certaines formes que revêtent les plus grandes religions du monde: le judaïsme, l’islam, le bouddhisme et même certaines versions de la chrétienté. Portés par ces religions, les gens peuvent devenir si satisfaits de leurs règles et de leurs décrets qu’ils deviennent indépendants de Dieu. On comprend ainsi pourquoi les personnes religieuses sincères sont parfois les plus lentes à répondre à l’Evangile et au don de la grâce divine sans qu’aucun mérite personnel n’incline à ce don.

     

    L’homme veut également y parvenir par un troisième chemin: en amassant des richesses et des biens.

    Jésus nous l’enseigne par la parabole du riche propriétaire qui devint si prospère qu’il n’avait plus assez de place pour engranger ses récoltes. Il décida donc de bâtir de plus grands entrepôts. Puis il se dit:

    «Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois et réjouis-toi.»

    Mais Dieu lui dit: «Insensé! Cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, à qui cela sera-t-il?» Luc 12:16-20

    Au cours de l’histoire de l’humanité, un nombre incalculable de personnes ont été leurrées par un désir semblable d’indépendance au point de commettre cette même erreur tragique. Et un nombre tout aussi incalculable de personnes la commettent encore aujourd’hui.

    Le désir d’indépendance vis-à-vis de Dieu est la marque distinctive de tous ceux qui appartiennent au royaume de Satan: les anges rebelles, les démons, l’humanité déchue. C’est aussi la marque distincte «du monde». Jésus dit de ses disciples: « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:16)

    Dans ce contexte, «le monde» est constitué par tous ceux qui ne se sont pas soumis à l’autorité du Roi désigné par Dieu, c’est-à-dire le Seigneur Jésus-Christ. Certains sont des hommes religieux aux valeurs morales élevées; mais lorsqu’ils sont mis au défi de se soumettre sans réserve à la souveraineté de Jésus, comme l’exige Dieu, le «vieil homme» rebelle en eux fait surface, et c’est ainsi qu’ils rejettent l’offre de salut de Dieu par le seul moyen de la grâce.

     

    L'humanité solitaire et étrangère de l'univers qui l'entoure

    Ce désir d’indépendance par rapport à Dieu sépare les hommes des autres créatures de Dieu qui, elles, témoignent toutes de leur dépendance sans réserve envers leur Créateur.

    Aucun corps céleste ne manifeste le désir d’indépendance.

    Les étoiles répondent à leur nom lorsque Dieu les appelle.

    Peu importe parfois la turbulence des éléments, ils obéissent toujours à leur Créateur.

    «… Feu et grêle, neige et brouillard, vent de tempête, exécuteurs de sa parole…» Psaume 148:8

     

    Il en est de même dans le règne animal.

    «Les lionceaux rugissent après la proie pour demander à Dieu leur nourriture.»

     

    En ce qui concerne les oiseaux, Jésus dit, dans Mathieu 6:26:

    "Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit. Ne valez-vous pas beaucoup plus qu'eux ?"

    Rien d’étonnant à ce que l’homme rebelle se sente bien seul et étranger dans l’univers qui l’entoure, et dans lequel toutes les autres créatures fonctionnent ensemble dans une dépendance sans réserve envers leur Créateur.*

     

    Le chemin du retour vers la dépendance

    Par son sacrifice parfait sur la croix, Jésus a remédié au mal qu’est notre condition déchue. Ce remède présente deux aspects. Premièrement, Jésus a payé à notre place la rançon pour nos péchés, donnant ainsi à Dieu la possibilité de nous pardonner sans compromettre sa propre justice. Deuxièmement, Jésus s’est identifié à cet ego, indépendant et poursuivant son intérêt propre, qui domine notre nature déchue. En Jésus, cette nature rebelle a été mise à mort:

    "Notre vieille nature (le rebelle) a été crucifié avec lui" Romains 6.6

    Pour devenir disciples de Jésus, il convient de reconnaître ces deux aspects du salut. D’abord, il faut nous assurer que, par la repentance et la foi, tous nos péchés ont été pardonnés. Ensuite, il faut accepter la condamnation à mort prononcée à l’encontre de notre EGO rebelle et indépendant.

    Ainsi sont remplies les conditions pour devenir ses disciples, comme Jésus l’a lui-même énoncé dans Luc 14:33:

    " Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il a ne peut être mon disciple"

    Le verbe «renoncer» exprime l’idée de «dire adieu à quelque chose». Devenir un disciple de Jésus signifie dire adieu à tout ce dont nous dépendons: la famille, les amis, l’argent, une carrière, les honneurs du monde ou le prestige. Une fois que nous avons sincèrement renoncé à ces choses, il se peut que Dieu nous rende l’une ou l’autre, qui convient à ses desseins pour notre vie. Nous n’en serons alors plus les propriétaires, mais les gérants qui doivent rendre compte de la manière dont nous nous en servons. Néanmoins, notre dépendance est alors entièrement scellée en Dieu.

    Parfois, c’est un moment de crise, ou ce qui nous semble être un désastre dans notre vie, qui nous mène à la place où nous reconnaissons entièrement notre dépendance de Dieu. Je pense en particulier au voyage de Paul à Rome, décrit dans Actes 27:13 à 28:6. Dieu avait un but précis en envoyant Paul à Rome, la capitale de l’Empire romain. En tant qu’«apôtre des gentils», Paul avait une contribution unique à apporter à l’Eglise de Rome.

    Pourtant, il fit ce voyage enchaîné en tant que prisonnier. Le navire qui le conduisait à Rome fut pris dans une tempête si forte que, durant deux semaines, nul ne vit ni le soleil le jour, ni la lune la nuit. Finalement, ils firent naufrage sur la côte inhospitalière de Malte. Là, Paul fut mordu par un serpent venimeux. Si le plan de Dieu pour Paul était de le mener à Rome, pourquoi dut-il affronter de telles épreuves au cours de son voyage?

    L’illusion de l'indépendance Dereck Prince

    En y réfléchissant, cette phrase d’Actes 27:20 m’est revenue à l’esprit: «Nous avions finalement perdu toute espérance d’être sauvés.» Là se trouvait le but des épreuves de Paul, afin de l’amener à la place ou toute espérance était abandonnée. A cet instant, Paul n’avait plus d’autre option que d’espérer en Dieu. Et c’est ainsi qu’il prouva, par cette expérience, qu’en Dieu se trouvent toutes les ressources nécessaires. Dieu nous mène à une place de totale dépendance de lui, afin de démontrer qu’il pourvoit à tout pour notre vie.

    Etant parvenu à cette place de dépendance totale, Paul était désormais prêt pour son ministère auprès des chrétiens à Rome. Son voyage l’y avait préparé. Il était vidé de toute dépendance envers lui-même et était devenu un canal libre par lequel les bénédictions de Dieu pouvaient être déversées aux chrétiens de Rome. Nous avons tendance à oublier, en effet, que bien qu’il fût apôtre, Paul était alors encore un disciple, sous la discipline du Seigneur.

    Au fil des ans, j’ai graduellement appris cette leçon de dépendance totale du Seigneur. Et je dois admettre que je l’ai apprise avec lenteur. Dieu a employé différentes circonstances à diverses époques de ma vie pour m’inculquer la leçon. Mais j’ai découvert que plus je dépendais de Dieu, plus il me surprenait par les résultats qui en découlaient. Des résultats que je n’aurais jamais obtenus s’ils étaient restés dépendants de mes propres efforts.

     

    La "reddition" de Jacob

    Jacob est le personnage de la Bible qui mena, littéralement, un combat physique pour renoncer à son indépendance. C’était un jeune homme rusé, ambitieux et recherchant son avantage. Il a exploité un moment de faiblesse physique de son frère Esaü en lui achetant son droit d’aînesse pour un bol de soupe! Ensuite, dans le but d’obtenir la bénédiction paternelle (qui accompagnait ce droit d’aînesse), il a trompé son père Isaac, qui était aveugle, en se faisant passer pour Esaü.

    Pourtant, ni le droit d’aînesse ni la bénédiction volée ne lui furent d’un grand profit. Afin d’échapper à la vengeance d’Esaü, il dut fuir en Mésopotamie. Il se réfugia chez son oncle Laban dont il épousa les deux filles. Une fois de plus, il fit preuve d’astuce et acquit ainsi la plupart des biens de cet homme.

    C’est alors que le Seigneur lui montra qu’il était temps pour lui de retourner à sa terre, celle qu’il avait reçue par héritage. Cependant, en chemin, il rencontra un mystérieux étranger avec qui il dut se battre toute une nuit. A l’aube, l’étranger lui déboîta la hanche (le muscle le plus fort du corps) et Jacob, affaibli, dut se cramponner à Dieu, dans une dépendance totale.

    C’est après cette rencontre étrange que Jacob put retourner dans son patrimoine. Mais, tout au cours de sa vie, il marcha en boitant, ce qui demeura le signe de sa reddition, du renoncement à son indépendance.

    Qui était cet étranger contre lequel Jacob livra combat? Dans le récit de Genèse 32:24-30, il est nommé «un homme», mais, au lendemain du combat, Jacob dit: «J’ai vu Dieu face à face.» Plus tard, le prophète Osée commente cette rencontre en disant «Il lutta avec l’ange…» Osée 12:4

    Ainsi, cette personne est un homme qui est pourtant Dieu mais aussi un ange, c’est-à-dire un messager de Dieu. Il n’existe qu’une seule personne dans l’univers répondant à cette description: un homme, pourtant Dieu, et également un messager de Dieu. C’est la personne manifestée dans l’histoire de l’humanité sous le nom de Jésus de Nazareth, un homme, pourtant Dieu, et messager de Dieu aux hommes.

    La destinée de Jacob fut fixée lors de sa rencontre à Péniel. Après cela, il fut rétabli dans son patrimoine et se réconcilia avec son frère Esaü.

    Il se peut que vous ayez reconnu un peu de vous-même dans l’expérience de Jacob. Vous avez peut-être vous aussi lutté par vos propres forces afin de gagner un héritage spirituel, sachant que Dieu l’a en réserve pour vous, même s’il semble vous échapper d’une certaine manière. Alors il vous faut agir comme le fit Jacob: renoncer à vous-même en vous plaçant sans réserve sous la dépendance du Seigneur Jésus-Christ.

     

    Vous pouvez reprendre simplement cette prière:

    "Seigneur Jésus, je crois que tu es vraiment mon Sauveur et que tu as un héritage en réserve pour moi. Mais je suis conscient d'avoir lutté par mes propres efforts pour me l'acquérir. Je m'en repens. J'abandonne mon indépendance pour me soumettre sans réserve à la seigneurie. Désormais, je dépends de l'œuvre parfaite de la grâce dans ma vie".

    Mais souvenez-vous de ceci: il se peut que, désormais, vous marchiez en boitant!

    Bien fraternellement, au service du Maître,

    Derek Prince

     
     
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